Automne-Hiver 2009.
La presse me boude. Je n'ose
toujours pas relancer les boutiques.
Comment provoquer la demande et vendre si personne ne sait que Zeste de Nature existe ?
Sur Viadeo, réseau social dédié aux professionnels, je range ma
timidité et j'envoie des demandes de mises en relation à des entrepreneurs qui parlent éthique, équitable, écologie.
Dans le meilleur des cas ils pourraient devenir des clients et parler de moi à leur entourage. Sinon, nous pourrions mettre nos forces en commun. C'est ce qui va se produire. Quelques uns vont me
répondre.
Clients ou pas, je gagne de vraies relations de confiance pour échanger, partager, apprendre.
Mais il n'y a pas ou peu de dirigeant de boutique de mode. Mes clients ne sont pas là.
Souvenez-vous du schéma. Il faut que les femmes découvrent l'existence de la marque afin qu'une demande se crée qui incitera les magasins à passer commande.
J'écoute les bruits du monde, toutes antennes sorties, je cherche une idée.
Facebook commence à agiter les médias traditionnels, les plus dramatiques histoires y sont reliées. Moi, je n'entends qu'une seule chose: déjà plusieurs dizaines de
millions d'utilisateurs dans le monde et une croissance exponentielle. Croissance qui ne s'est pas démentie depuis.
La presse ne veut pas parler de mon activité, les boutiques hésitent, je vais m'adresser directement aux femmes sur les réseaux sociaux grand public.
Je... enfin... plutôt Zeste de Nature, nom derrière je me cache encore.
J'ouvre un profil, je n'y connais rien, j'appuie sur tous les boutons, j'observe, j'apprends, je comprends que les personnes parlent aux personnes. Je dois humaniser ma communication, oser dire
qui je suis pour que les autres découvrent et comprennent ma démarche. Je fais la même chose avec Twitter et d'autres moins connus.
Chaque réseau a un mode de fonctionnement différent, s'adapter à chaque spécificité mais une règle d'or: avoir toujours une communication cohérente et apporter une réelle information.
Je deviens une personne publique, une entrepreneure qui raconte son entreprise.
J'étoffe le site internet pour que l'histoire continue quand un lien mène jusqu'à lui. J'entends parler référencement. D'ailleurs j'en ai payé avec la conception de ma vitrine web. Des inscriptions dans des annuaires ont été faites, je scrute chaque mouvement. On m'a dit que le référencement prenait du temps, c'est vague, j'attends. Je me rends bien compte que les visites sont essentiellement générées par mes actions sur les réseaux sociaux.
J'hésite encore. Dois-je produire ? Je n'ai pas de client.
Je m'enhardie et je prends contact avec des magasins de mode éthique, ils sont plus réceptifs que les magasins de mode conventionnelle. Mais il y avec eux deux problèmes importants, le style et le prix. La mode éthique est plutôt baba et produite essentiellement dans des ateliers de commerce équitable, loin de nos frontières. Je produis en France, les coûts sont incompressibles, difficile de rivaliser. Quant au style, je me démarque par des lignes très classiques, loin des clichés écolo. Ce n'est pas encore gagné.
En tout cas, mon objectif est atteint. Je réussis à accroître la notoriété en utilisant les réseaux sociaux.
Est-ce facile ?
Oui, quand on respecte les codes de chaque communauté et qu'on apporte une information de valeur.
Est-ce rapide ?
Non, cela demande une présence acharnée.
Est-ce gratuit ?
Non plus, je vous en ai déjà parlé dans Gratuits et utiles les
réseaux sociaux ?
Mais à défaut d'argent, je peux encore perdre du temps. C'est une façon d'investir différente.
Vais-je trouver des clients ?
Oui, mais ce sera une autre histoire...
Vos messages